Projets et perspectives d'évolution

          III] Les projets et les perspectives d’évolution

      Nous avons donc vu que les déchets radioactifs présentent un certain nombre de problèmes, écologiques pour la plupart. Pour pallier à ces problèmes, l’ANDRA et tous les acteurs du nucléaire proposent des alternatives pour réduire le nombre de déchets, mais aussi de développer des réacteurs plus performants qui ont un meilleur rendement.

              A] Dans le cadre de la production de déchets

      Le CEA (Commissariat à l’Energie Atomique et aux Energies Alternatives) étudie avec 13 pays du monde (l’Argentine, le Brésil, le Canada, la Chine, la Corée du Sud, la Fédération de Russie, la France, le Japon, l’Afrique du Sud, la Suisse, le Royaume-Uni, les États-Unis et l’Union européenne) une nouvelle génération de réacteurs nucléaires : la IVème génération. Ces réacteurs ont pour principal objectif d’avoir de meilleurs rendements et ainsi de limiter la production de déchets, mais aussi de produire des déchets moins radioactifs, c’est à dire des déchets ayant une demi-vie plus courte et une activité radioactive plus faible. Cependant, ces réacteurs produiraient toujours des déchets ultimes qu’il faudra bien stocker. De plus, ce type de réacteur ne devrait pas voir le jour avant 2040 au moins.

Réacteur IVème génération

Un projet de réacteur IVème génération

 

              B. Dans le cadre du transport

Convoi ferroviaire

Un convoi ferroviaire de déchets radioactifs

 

      L’ANDRA a adopté une politique stricte par rapport au transport des déchets nucléaires depuis les lieux de production vers les lieux de stockage. En effet, l’ANDRA oblige les transporteurs à suivre une formation spéciale. Chaque conducteur doit présenter une plaque indiquant le type de déchets qu’ils transportent. En cas d’accident (extrêmement rare), le chauffeur possède un dispositif d’arrimage pour empêcher les fuites de déchets radioactifs. D’ailleurs, l’ANDRA affirme que même si un des colis venait à être déversé dans la nature, la faible concentration en radionucléides ne représenterait pas un danger pour la nature. En outre, chaque convoi est escorté de plusieurs effectifs de gendarmerie, et chaque transport est autorisé par l’ANDRA. Ces règles de sécurité semblent fonctionner puisque de 1994 à 1999, sur environ 3000 véhicules ayant assuré le transport routier de déchets à destination du Centre de l'Aube, seulement 3 accidents de la route ont eu lieu et ils n'ont eu aucun impact radiologique.

Convoi par camion

Un convoi par camion

 

              C. Le stockage en profondeur

      Une autre solution envisagée par l’ANDRA est le stockage des déchets à vie longue dans des centres souterrains, à 500 m de profondeur. Ceux-ci sont actuellement à l’étude et ne devraient pas voir le jour avant 2019. En effet, ces types de déchets (qui représentent environ 10 % du nombre total de déchets) sont actuellement stockés sur le lieu où ils sont produits, c'est-à-dire les centrales. Ces centres devront, comme l’exige la loi sur la réversibilité de 2006, permettre aux générations futures de sortir les colis afin de les retraiter si une technologie novatrice le permettait. Cette réversibilité devra être permise sur une durée d’au moins 100 ans. L’ANDRA, suite à une demande de site auprès des communes, a retenu les communes d'Auxon et de Pars-lès-Chavanges dans l'Aube sur lesquelles des investigations plus approfondies ont été menées en 2009 et 2010.

Projet HA-MA-VL

Le projet de centre de stockage HA-MA-VL

 

              D. L’envoi des déchets dans l’espace

      L’idée d’envoyer des déchets radioactifs dans l’espace et plus particulièrement dans le soleil a déjà été envisagée. Mais il existe deux problèmes majeurs difficilement réglables :

-Le risque que la fusée explose ou retombe sur Terre au décollage, ce qui aurait pour effet de répandre les substances radioactives sur un rayon assez conséquent

-Le coût : lancer une fusée Ariane V coûte près de 161 Millions d’€. Celle-ci peut mettre en orbite lointaine une charge utile de 9.6 tonnes. Sachant qu’en France on produit chaque année 10.000.000 de tonnes de déchets radioactifs, il faudrait plus d’un millions de lancements de fusées par an soit un coût de 170.000.000 €. Il faudrait aussi construire de nouveaux pas de tir et une filière de construction de fusées. Les conséquences écologiques de tant de lancements de fusées seraient également désastreuses à cause de l’utilisation excessive de carburant. Ce serait un paradoxe de polluer la planète en essayant de la rendre plus « verte ».

      Enfin, envoyer nos déchets dans l’espace pose un problème éthique pour certains : après avoir pollué nôtre planète, certains sont contre l’idée de contaminer aussi l’espace.

Fusée Ariane V

Le lancement d’une fusée Ariane V

 

              E. Le stockage en mer

      En 1946, pour tenter de résoudre le problème du stockage de déchets nucléaires, les Etats-Unis ont déversés des fûts radioactifs au large de la Californie. Durant la première phase de développement de l’usage de l’énergie nucléaire, on pensait que la dispersion dans un environnement aussi large que l’océan d’une partie des déchets radioactifs de faible activité pouvait être une solution pour le long terme. Bien que très controversée même par des ingénieurs du nucléaire, cette méthode dura jusqu’en 1982 et plus de 100.000 tonnes de déchets radioactifs placés dans des conteneurs en béton furent déversés au fond de la mer, par 12 pays, dont la France :

Proportion par pays

Zone de déversement

Proportion de déchets radioactifs déversés en mer par pays Quantités de déchets jetés en mer par les pays européens

Fûts jetés à la mer

Des fûts radioactifs jetés à la mer

 

      Ces conteneurs sont censés rester étanche mille ans environ alors que la radioactivité dure plusieurs milliers voire millions d’années. Selon certaines sources, des conteneurs se seraient déjà même fissurés ou ouverts.

      Ces déchargement sous-marins furent proscrits par la Convention de Londres, signée en 1975, mais les versements durèrent jusqu’en 1982. Bien que cette solution n’aie jamais été proposée comme stockage viable à long terme, la plupart des déchets radioactifs étant prévu pour être stockés sur Terre, elle a quand même largement contribuée à polluer nos mers.

      Autre solution parfois évoquée, creuser un puits au fin fond de la mer près des failles géologiques qu’on remplirait de déchets avant de rapidement le reboucher avec des sédiments et du béton. La plaque glisse alors au cours des années et les déchets se retrouvent dans le manteau où ils seraient dilués et mélangés à la radioactivité naturelle. Bien sur, ils pourraient à nouveau resurgir via un volcan, mais cela n’est pas envisageable avant plusieurs milliers d’années. Seulement, il faudrait inventer des foreuses et des conteneurs qui résisteraient à de très fortes pressions ainsi que des sous-marins capables de travailler dans les fonds sous-marins. Là aussi, le coût pourrait dissuader les plus enthousiastes.

              F. L’accélérateur de particules

      Le CERN (Centre Européen de Recherche Nucléaire) étudie actuellement la possibilité de réduire artificiellement la demi-vie du déchet radioactif avec une sorte d’accélérateur de particules. En effet, certains systèmes dits « hybrides » allient un réacteur nucléaire et un incinérateur de déchets nucléaires. Ce dernier réduit considérablement la demi-vie de la cible en captant des neutrons et donc en transformant le déchet en des noyaux plus stables et donc moins dangereux. Cependant, ce projet n’est qu’une étude et il ne verra pas le jour avant plusieurs années.

Commentaires (1)

1. Netter 09/06/2014

Sur les 340T dont vous parlez seuls 3T sont hautement radioactifs. Les envoyer vers le soleil reviendrait à 1/1000 000 €/kwh, soit rien du tout. On produit 300 milliards de kwh par an pour 3T de déchets. Faites le calcul.

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